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Marina B.

« Le Regard de la Joconde »

26 Octobre 2013 , Rédigé par MarinaB. Publié dans #Histoires autour de la Photo, #Histoires

« Le Regard de la Joconde »

« Le Regard de la Joconde »

Le temps où l’on découvrait nos photos en ouvrant la pochette dans un « photo-service » est loin. Moi, ça faisait un petit moment que je n’ai pas vu une de mes photos imprimée.

Jusqu’à ce jeudi, où notre cours (à l’école de la photo) était axé sur la présentation de nos « prints » (les photos imprimés) autour de deux thèmes : la Seine (ça, je vous en avais déjà parlé !) et le Portrait.

Alors attention, pas le portrait « au sens large » car le sujet est sans fin. Juste une analyse des résultats de nos premières expériences du portrait en studio. Le début. Une première axe d’orientation sur ce chemin inépuisable qui est l’image de l’autre. Son portrait.

Ça m’a fait tout drôle déjà de voir mes photos imprimés. L’écran nous donne une illusion de l’image, je trouve. Quand on la tient entre les mains, cette même image n’a pas du tout la même âme. C’est comme si son existence, tout d’un coup, se matérialise et nous embarque en voyage avec elle. Et, alors, quand vous êtes entourés des images matérialisées de 18 personnes, ça crée tout un monde enchanté et toutes les émotions qui vont avec. Un grand moment. (Et pas du tout « de solitude ». Pour changer…).

Déjà quand votre prof vous dit que vous avez là « un beau tirage », cette phrase vous fait mille fois plus plaisir que quand on vous dit que vous avez des beaux yeux, vous pouvez me croire.. Quand on vous dit que vos photos ont une bonne luminosité, le bon contraste, que « les blancs » sont bien blancs et « les noirs » sont … (devinez quoi ?) – bien noirs, vous sentez comme du miel qui commence à couler doucement dans vos veines. C’est juste pour donner l’ordre d’idée. Car personne ne parle là d’une ligne d’arrivée. Oh la, non. On parle juste d’une petite étape. Juste d’un instant.

Oui, un instant. Et c’est là que je passe à la Joconde. Car on regardait nos portraits. Ceux que nous avons faits pour la première fois en studio. Et pour ouvrir ce chapitre, sans fin et sans limites, notre prof a fait une analyse-commentaire de chacun des portraits. En mettant en lien l’œil du photographe, la présence du modèle et ce qui fait que ce lien donne naissance à une « entité supérieure » : un portrait.

A un moment donné il a dit cette phrase : « Vous connaissez tous la Joconde ?? Et bien, un portrait, un vrai, est comme cette peinture : si des années et des siècles après, chaque fois que vous regardez ce portrait – celui qui est dessus VOUS REGARDE avec cette unique présence dans tout son être qui fait qu’IL EST TOUJOURS LA, IMMUABLE et MATERIALISE dans cet instant – c’est que votre portrait est bon ».

A- aa- aahhrf…. C’est qu’ils avaient tout compris, le Léonard et sa Joconde : elle a planté dans ses yeux son regard n°31, lui il s’est dit : « Oh-là ! C’est bon ça … je le tiens mon portrait là, grave… Surtout, tu bouges pas… !! » et, hop, des siècles et des siècles après on reste planté comme des écoliers devant son regard qui nous aspire avec elle dans l’éternité.

Facile. Il reste plus qu’à… . Oui, je sais, c’est juste une parabole et si on se met à jeter toutes nos prises tant qu’on n’est pas arrivé au seuil de Léonard de Vinci, la route risque d’être un tout petit peu longue. Mais l’éternité est notre allié.

Et si, ne serait-ce qu’un instant après, le regard de celui ou de celle que l’on photographie traverse l’objectif, l’écran, le papier et le cadre avec, pour nous dire « Je suis là », c’est qu’on est en train de pouvoir commencer à croire, que là, à cet instant, on se rapproche peut-être encore un tout petit peu plus près de la vérité.

A très vite’’

M.B.

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