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Marina B.

Le Poste-Repos Equipage

3 Août 2013 , Rédigé par Marina Bogdanova Publié dans #Histoires

 Le Poste-Repos Equipage

Le Poste-Repos Équipage

Depuis que j’ai quitté le monde de l’aérien, qui est un tout petit monde, en réalité où tout le monde se connait, c’est à se demander comment ça peut être possible, avec tous ces chassés-croisés des vols dans tous les sens , mais, je vous assure, c’est vraie !!

Alors, dans ce monde-là, il existe un endroit dans les avions du long courrier, dont le « public » ne connait pas forcement l’existence. Cela s’appelle le « poste-repos équipage ». Parce que, oui, l’équipage DORT aussi !! Dingue, non ?? Enfin, là je parle en particulier de « la-très-grande-compagnie-aérienne », je ne les ai pas touts faites.

Cet endroit , donc, le poste-repos, est, en général, très bien planqué, et pas grand-monde sait où il est, à part, bien sur, le personnel navigant. Car, une des questions principale que toute hôtesse (ou steward) qui se respecte, se pose, en entamant un vol (et je me mets totalement dans le lot !), c’est « à quelle heure qu’on mange, à quelle heure qu’on dort ?? » .

Non, mais parce que, sur un vol de 12 heurs vous allez forcement aller dormir un peu, sinon on ne tient pas. Comme m’a dit un passager sur un Paris-Tokyo, l’air contrarié, en baillant : « Mais c’est très long, 13 heures de vols !!! ». Ah ben, oui, mais c’est que c’est un peu loin, le Japon… .

Il faut dire qu’en général, ça se passe plutôt bien dans le poste-repos équipage : personne ne ronfle, personne ne chante, tout le monde éteint sa petite lumière, et tout le monde pionce, tellement qu’on est tous claqués. Mais, bien sur, de temps à autre, on peut tomber sur des « fragments » des animations, du style « mais ils sont deux dans la même couchette, ou j’ai bu ?? » (et non, je n’ai pas bu à bord, donc ils sont bien deux…), tant qu’ils ne font pas trop de bruit, chacun sa vie !!

Un truc qui fait spécialement objet des désaccords profonds dans le poste, c’est la température de l’air ambiante, qui se règle manuellement grâce à un thermostat. Car, comme vous vous en doutez, les filles veulent qu’il fasse 25°, et les mecs – 18° (mais alors grand max, hein). Et c’est la guerre. Au fait, celui qui gagne - c’est celui qui monte (ou descend, ça dépend des avions), au poste en dernier et met SA température. Parce que personne n’a plus envie de se ré-relever pour aller intervenir sur « l’affaire ». 2 heures de repos passent vite, chut, on dort !!

Il y a aussi des amateurs de toutes sortes de produits-addict’, style huiles essentiels relaxant ; ce qui, dans un espace aussi restreint, où 6 personnes dorment dans 4m2, est très moyen. Un jour une chef de cabine, avant de se coucher, a lancé : « Si il y en a un qui utilise les huiles essentiels, je vire tout le monde (du poste repos bien entendu). »

Celui qui me faisait le plus rire, c’était le poste appelé affectueusement « la morgue » : dans les très vieux B747, ou il y a à peine une séparation entre les couchages, et pas de rideaux. Donc on était tous alignés comme des saucissons sans aucun droit à une intimité (entre soi et soi, au minimum), d’où le nom.

Mais il y avait aussi « the best » des postes repos, of course, sur les B777, où là - c’est le « grand luxe », presque 3 étoiles et vous avez même de la place pour vous changer, sans forcement flanquer un coup de pied dans la nuque de votre collègue dans la couchette à coté. Oui, on se change dans un poste-repos, si on veut, et on peut même mettre son pyjama avec les nounours, ou rester en « petit linge », c’est chacun son style. Ben oui, tout le monde vous voit (des collègues, pas des passagers - sauf si vous descendez dans les toilettes en pyjama, mais ça – on évite, on a un certain standing à préserver, quand-même). Mais ça ne gène personne, tout le monde s’en fiche, car, une fois qu’on a « signé, », on partage tout dans l’équipage !!! Je plaisante, mais pas tant que ça… !

J’ai adoré ce métier, le temps que ça a duré, et je vous en parlerai encore et encore, des « Mythes et Légendes de l’Air », avec toute mon affection et respect pour le personnel navigant, et en sachant que ce métier est, en réalité et au-delà des apparences, est bien moins « glamour » qu’il n’en a l’Air.

Biz’’’

M.B.

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