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Marina B.

Légère comme une plume !!

7 Juillet 2013 , Rédigé par Marina Bogdanova Publié dans #LifeStyle, #Voyages, #SouthSide

Légère comme une plume !!

« Légère comme une plume »

La futilité est-elle utile ? Une grande question, là, presque un débat. Une écrivain a dit à ce propos : « La futilité m’apparaît comme une indispensable vertu ». Je suis d’accord avec elle.

Il n’y a pas encore si longtemps que ça, je n’aurais pas osé l’avouer. A moi –peut-être, aux autres – certainement pas. « Mais quelle femme futile », en parlant d’une telle ou d’une telle. Sauf que, comme pour tout, ceci est une question d’autorisation. Vieux comme le monde, ce postulat et l’étendard de tous les psys’ : « Ceux qu’on n’autorise pas aux autres – est ce, qu’on n’autorise pas à soi-même ». Vieux, très vieux. Mais juste.

M’autoriser à être futile. Ne pas être « sérieuse et responsable ». Parce qu’on peut être futile à « ses heures ». Ce n’est pas une « condamnation », ou un concentré de sa véritable nature. C’est comme une part de tarte (citron-meringuée pour moi s’il vous plait), qui est là, et qu’on rende visible à tous, à soi, et qu’on déguste avec délice, et à laquelle on ne se résume pas dans ce qu’on est entièrement.

Aujourd’hui je pense que ce sentiment léger est véritablement indispensable pour éprouver du bonheur. Il en est l’essence. Sans lui – pas moyen d’entrer dans cet état passager et féerique.

Un bar sur le petit Port de Plaisance. A la table à coté, à l’heure de l’apéro, entre le vin blanc et la tapenade est assis un trio : deux femmes et un homme. Ah, oui, pardon, j’oublie le chien, qui est, lui, tombé amoureux de mes chaussures « bateau » bleu-blanches, je ne sais pas pourquoi. Ils ont entre 50 et 60 ans (le trio, pas les chaussures). Leur conversation vogue entre la mi-drague (qui drague qui ? pas facile à répondre – le mec qui dragues les deux nanas et elles, les deux, le drague lui. C’était à se demander comment tout ça allait se terminer…), les plaisanteries à triple sens (le monsieur était anglais, mais parlait très bien le français, remplaçant certains mots qui lui manquait par des « anglicismes », j’adore !), la galanterie et les sujets d’ordre général, comme la santé, ou - ce qu’une des femmes allait préparer pour le diner : un poisson qu’elle a péché ! On ne saura jamais si c’était vrai… . Au final, ils se sont donné rendez-vous pour diner ensemble (tous les trois) dans quelques jours.

On avait l’impression qu’ils avaient 17 ans, tellement leur conversation était empreinte de légèreté et je voyais bien qu’il s’agissait là d’une « part de tarte », et pas de leurs existences entières, loin de là. Mais cette part de tarte était si bonne, allait tellement bien avec cette heure-là, avec le soleil qui se couche, avec le port, avec l’odeur de la mer et de la tapenade, avec la couleur du vin blanc dans les verres. C’était un instant parfait. Et parfaitement futile dans toute sa perfection.

M.B.

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